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Il y a deux jours, se trouvait dans ma boîte aux lettres, une enveloppe tout simple d'Amnesty international.   Le sujet ?  Le viol.

Sujet grave et important, mais en lisant le courrier, je me suis posée cette question : pourquoi seulement maintenant?   Il est vrai que le 8 mars, journée de la femme, approche et que c'est souvent vers cette date que nous voyons fleurir des initiatives, des projets, des concrétisations en matière des droits des femmes.   En parler toute l'année serait beaucoup plus judicieux je pense.   Cet article sera inspiré par le dépliant joint au courrier et par mes questions et interrogations.

Comment parler du viol?  Comment le décrire?  Comment expliquer ce que l'on ressent pendant et après un viol?  Comment réagir face à une personne qui a subit cet acte?   Difficile de répondre pour beaucoup d'entre nous.  

Savez-vous que la majorité des viols sont perpétrés par une personne connue de la victime : un partenaire, un ex-partenaire, un parent, un proche, un collègue, une connaissance...   74% des victimes connaissent leur agresseur (chiffre pour la Belgique.  En 2012, plus de 8 plaintes pour viol y ont été déposées chaque jour)

Etre protégée contre le viol est un droit fondamental reconnu par le droit international.

Mais au fond, qu'est-ce-que le viol?

Pour la loi, le viol est un crime.  "Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne qui n'y consent pas, constitue le crime de viol".  (Art. 375 du Code pénal Belge)   Depuis 1989, le viol entre époux est punissable par la loi belge.

Dommage que les attouchements ne soient pas repris dans cette loi en tant que viol.   Je suis une femme et je pense vraiment qu'être touchée sexuellement, sans pénétration, est pour moi une forme de viol, moins violente, mais tout aussi traumatisante.  Un simple baiser pris de force, une main sur un sein sans qu'on le veuille, un homme ou une femme qui vous dénude en partie ou totalement alors que vous l'implorez de ne pas le faire, de vous laissez, qui se permet des attouchements sur votre personne sans votre consentement peut amener, tel un viol et être ressenti de la sorte, un traumatisme aussi grand que s'il y avait pénétration.   

Ces actes engendrent un tel traumatisme que la victime y perd une part d'elle-même.   Que dire en plus des conséquences psychologiques, de la peur des représailles de l'agresseur, de la honte de devoir dénoncer cet acte, de se mettre une nouvelle fois à nu, psychologiquement parlant, devant policiers et médecins.  Que dire des réactions de l'entourage, des commentaires injurieux que l'on peut lire sur les réseaux sociaux sous un article concernant un viol.

Une mini-jupe, un pantalon ou un top moulant, une petite robe sexy,, des hauts talons, un peu ou beaucoup d'alcool et tout de suite on peut voir des réactions du style de celles qui vont suivre : "elle l'a voulu", "c'est de sa faute, elle avait qu'a pas être sexy", "quand on s'habille ainsi c'est qu'on a des envies bien précises" et toutes sortes de conneries de ce type qui vont encore ajouter au traumatisme de la victime.    

On fait d'une victime une provocatrice.   On oublie de parler de l'agresseur, de ses pulsions, de ses déviances, de sa violence, de son immoralité.  Cela viendra seulement plus tard et encore.  

On pense que l'on sera épargnée, que la chance nous évitera cet acte odieux, mais, si jamais, et espérons que ce ne sera jamais le cas pour aucune d'entre vous, cela arrivait, que faire après?   Quelles sont les démarches que nous pouvons entreprendre?    Que devons-nous faire pour nous défendre, pour dénoncer, pour porter plainte?

Dans le petit dépliant reçu dans le courrier, on y explique les démarches à faire et c'est une très bonne chose, car peu d'entre nous les connaissent.

Que faire en cas de viol : 

Premièrement, faire toutes les démarches dans les 24 heures qui suivent l'agression. 

Vous pouvez porter plainte pour que l'agresseur réponde de ses actes devant la justice.   Vous pouvez le faire en vous rendant au bureau de police de votre choix ou au Parquet du procureur du Roi.  

Il est recommandé de vous rendre chez votre médecin ou à l'hôpital.   Vous y recevrez les soins nécessaires et éventuellement un traitement préventif contre les maladies sexuellement transmissibles ou la grossesse.

N'hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à un organisme spécialisé pour vous aider.   Ils pourront vous aider dans toutes les démarches.

Pourquoi faire ces démarches dans les 24 heures?   Si vous portez plainte, la police pourra vous proposer d'effectuer un examen médical au moyen d'un set d'agression sexuelle.  Ce set est spécialement conçu pour le prélèvement des traces de violences sexuelles et contient aussi un ensemble de recommandations et d'explications adressées aux médecins, aux policiers et à la victime.  Vous êtes libre de vous y soumettre.

Les résultats sont-ils toujours exploités ?   Malheureusement le procureur du Roi ou le juge d'instruction peut décider de ne pas établir de profil ADN de traces ou d'échantillons de référence découverts ou prélevès lors de l'exploration corporelle de la victime.    Ces autorités doivent motiver leur décision en fin de procédure.

Faites pratiquer cet examen avant de vous laver.   Conservez le linge souillé dans un sac en papier.   Cela facilitera la recherche des preuves.

Quelles sont les conséquences d'un dépôt de plainte?

Le poclicier dressera un procès-verbal et en référera au Parquet qui reste libre de donner suite, ou non, à votre plainte.

Pour être informée des suites données à votre plainte, vous devez faire une déclaration de personne lésée via un formulaire à remplir.   Depuis le 1er mars 2013, la police doit vous informer de cette possibilité lors du dépôt de plainte.

Quels sont vos droits en tant que personne lésée ?

Etre assistée ou représentée par un avocat, joindre au dossier tout document utile, être informée d'un éventuel classement sans suite et de son motif, être prévenue de l'ouverture d'une instruction et de la fixation d'une date d'audience devant les juridictions d'instruction et de jugement.

- Si vous ne souhaitez pas entamer dans l'immédiat une procédure judiciaire, vous pouvez vous rendre chez votre médecin ou dans un hôpital afin d'obtenir   un cetificat médical.

Les victimes adultes disposent de 10 ans pour porter plainte à compter de la commission des faits.

Pour les victimes mineures, le délai de prescription commence à courir à compter de leur majorité.  Ce délai a été porté à 15 ans par la loi du 30 novembre 2011 pour les faits perpétrés après le 30 janvier 2012.  

Que faire si vous connaissez une victime d'un viol ?

Je pense souvent à cette question, comment réagir si quelqu'un vous apprend qu'il a été violé ou qu'il a subit une tentative de viol.  Et j'avoue que je ne savais pas très bien quoi faire.   

Les victimes sont fragilisées par ce qu'elles ont vécu.  Ce que vous leur renvoyez comme message est donc primordial pour elles.   Il faut éviter de banaliser les faits, de faire preuve de suspicion ou de culpabiliser la victime.  Ces réactions risquent de la heurter et d'avoir pour effet de la voir se murer dans le silence.   Il faut favoriser la parole et l'écoute.

Si vous faites partie de l'entourage d'une victime, vous pouvez aussi bénéficier d'un soutien psychologique auprès des organismes spécialisés.

 

Cet article est, comme je l'ai dit plus haut, basé sur un dépliant reçu et concerne la Belgique, mais je suppose que pour la France, la loi et les démarches à faire doivent être plus ou moins semblables.    

Si vous êtes victime d'un viol, vous pourrez trouver de l'aide à cette adresse : SOS VIOL ASBL : www.sosviol.be               info@sosviol.be    02/534.36.36

                                                                                                                                      

Pour la France, j'ai trouvé cette page sur le net : Info femmes : CNIDFF

www.infofemmes.com    rubrique : lutte contre les violences faites aux femmes.

Un sujet bien grave, mais dont on parle peu ou pas et qui, après lecture du fasicule, m'a fait réfléchir un peu plus qu'à l'habitude.