Un grand merci pour vos sympathiques encouragements.  Comme vous le voyez, je vais plutôt bien étant donné que je suis déjà sur le pc.

J'avoue que je m'attendais à pire que ceci.  

J'ai donc été opérée le vendredi 21 octobre après-midi.   Ce fut une journée épique car il y avait beaucoup d'opérations prévues et une certaine effervescence était très palpable.

La journée pré-opératoire a commencé par une douche désinfectante avec un savon décapant mieux que le papier émeri.  J'en ai encore la peau qui pèle par endroit.  Vint ensuite l'agréable moment de revêtir la dernière robe à la mode signée Lagerfeld : fond blanc décoré de pois et carrés dans les tons verts et bleus, très seyante et élégante.  Déjà, faudra penser à mettre un mode d'emploi avec ce truc.  Velcros dans le bas et le haut des manches, sur les côtés, à l'encolure, liens derrières et bien sûr rien d'attaché avant.  Débrouille toi Mymy.  Adepte d'Ikea, tu iras plus vite que les autres, tu as l'habitude.

Une fois cette jolie robe enfilée, on te donne un joli cocktail prénarcorse pour te détendre et hop au lit.  Là tu te dis que tu vas en avoir pour une heure puisque c'est ce qu'ils ont dit et bien non, direct la chirurgie.   Et.... surprise on te dit que tu es là une heure trop tôt.  Tu m'étonnes.

Pour accessoiriser ta robe haute couture, on te met un joli châpeau vert fluo, style Charlotte aux fraises, mais taille XXl pour cacher tes cheveux.  Problème, vu la taille du bonnet, les cheveux s'échappent régulièrement.   

Vient la robe. Si tu te souviens, il t'a fallu un moment pour trouver les raccords de tous les velcros et tu étais si fière d'avoir réussi.   Et là, on te dit, gentiment : mais fallait pas attacher tout ça, et paf, on t'enlève tout et ta robe haute couture se transforme en nappe, couvrant juste le bas de ton corps, vu que sur le haut, on te pose des électrodes.

Vient ensuite le moment de la pose du cathéter, facile et rapide.  Sauf que Mymy elle a des veines qui n'en font qu'à leur tête et qui se montrent ou se cachent selon leur humeur et leur humeur devait pas être terrible vu qu'elles se cachaient tout le temps.  Après moults essais de plusieurs infirmières dont même une spécialisée dans la pose sur bébés, le résultat étant toujours le même, on décida, enfin les infirmières, de demander au premier anesthésiste qui allait passé.  Mais rassurez-vous tout cela dans la rigolade, car vu la cohue, il y avait plusieurs personnes qui attendaient leur tour et tout le monde papotait ensemble.  C'est là que tu te rends compte que la prénarcose, bein elle est pas très utile.

Voici donc l'anesthésite qui passe et qui se fait choper, mais qui, dévinez-quoi, n'arrive pas non plus à piquer.  Le pied.  

Arrive enfin le moment d'entrer en salle d'opération.  Là encore grosse partie de rigolade concernant le choix de la musique.  Oui, le personnel est très sympathique dans cette clinique et c'est super génial et rassurant.  Et voici que l'anesthésiste attitré se prépare à mettre son petit cocktail et qu'il se rend soudain compte bein qu'il saura pas.  Devinez qui a gagné le gros lot au concours de "chercher la veine"?  Lui et encore difficilement.  Il lui a fallu 5 bonnes minutes avant de trouver un semblant de veine qui curieuse avait pointé une partie du bout de son nez pour enfin arriver à piquer une aiguille dedans et pendant ce temps-là toi, tu es allongée sur une table des plus confortables avec des infirmières qui te sanglent les bras pour pas que tu  bouges, ou surtout pour pas que le chirurgien s'en ramasse une si l'anesthésie ne fait pas effet.   Conclusion de l'épisode des veines, des bras couleur chaire à pois bleus et mauves.   Je lance un nouveau maquillage pour l'hiver.  

On te met un masque sur le visage, on papote un petit peu de tout et de rien et pendant ce temps tu vois que les lampes au-dessus de toi deviennent de plus en plus brouillées et puis........le trou noir.

A un moment donné, tu entends au fin fond des brumes de ton cerveau, un Madame .... réveillez-vous, et en même temps tu te prends quelques petites tapes au visage.  Je ne l'ai pas vu, mais je pense que j'ai du ouvrir un ou deux yeux brumeux, hagards, vaseux car je me souviens vaguement de formes blanches, mais cela a du leur suffire car après je me suis vraiment réveillée en salle de réveil.  Et là...........

Là, tu ouvres vraiment les deux yeux.  Il y a une seconde tu étais si bien, endormie, tu ne sentais et n'entendais rien et tout d'un coup sans prévenir, tu te retrouves en enfer.  Oui, l'enfer.

Une vague de douleur monte le long de ce que tu penses être ta jambe car tu ne la sens pas et la première pensée qui vient à l'esprit, comme pour un accouchement, "je ferai jamais le deuxième".  Passe ensuite un gentil et joli infirmier qui te demande à quel niveau sur 10 tu évalues ta douleur.  Comme tu es bien réveillée et que tu sens que c'est pas le moment de faire de l'humour en disant 200, tu marmonnes un 8 et lui, d'écrire sur son papier, 4-5.   Il te dit gentiment ne vous tracassez pas je vais vous mettre la morphine et tout va aller mieux.  30 minutes après retour du bel infirmier qui te demande gentiment : ça se calme et toi, prête à grimper au rideau et en train de reciter tous les jurons que tu connais en silence vu que la douleur est toujours bien présente, tu réponds que non et lui qui te réponds : pas possible.  je vais regarder.  Et là, tu vois que ton bel infirmier est aussi un peu con, vu qu'il te dit : oh j'avais oublié de déclampé, ça ne passait pas.   Ils ont de la chance, tu es clouée au lit, tu crèves de mal et tes envies de meurtres tu ne peux pas les assouvir.

Retour dans la chambre, et enfin, après deux bonnes heures de douleurs, merci à Madame Morphine et Monsieur Cocktail d'anti-douleurs, tu commences à respirer, tu te sens soulagée et tu tombe dans les bras de Morphée.   Morphée, Morphine, un rapport??????

Enfin tu es bien, plus de douleurs, tu dors comme un bébé et tu veux juste qu'on te foute la paix, mais là tu te trompes.  Toutes les X heures ont vient de prendre tes paramètres, te poser des questions, te demander ton nom, ton prénom, ta date de naissance encore et encore.  Je n'en ai pas parlé plus tôt, mais j'ai eu ça dès qu'on m'a donné la prénarcorse.  Chaque nouvelle personne que je voyais me les demandait.  Mais bon, c'est leur boulot et malgré tout cela j'ai dormi 16 heures d'affilées.

Le lendemain matin, toujours dans les brumes du sommeil, une kiné débarque.  On te fait faire quelques exercices et là, oh surprise tu te rends compte que tu ne sens absolument rien.  Le pied.   Mwouais, fallait pas parler trop vite.  Voici qu'elle te propose de faire quelques pas.  Hein ?  Quoi ? Marcher ? Bien sur qu'elle te dit, mais pas loin jusqu'au fauteuil.  Tu jettes un oeil et tu vois que le fauteuil est situé à environ un mètre cinquante de ton lit, donc tu te dis, ok c'est faisable.   Hé hé.  Faut déjà se lever, et même si on t'aide,  c'est plus facile à dire qu'à faire.  Mais quand faut y aller faut y aller et avec courage et détermination et surtout en serrant les dents et les fesses, tu vais les 5, 6 pas qui séparent ton lit du fauteuil et, une fois arrivée, tu t'y laisses tomber avec la grâce d'un hippopotame en sueur.   Tu es contente malgré tout, tu te dis, je l'ai fait, mais tu oublies une chose.   Le fauteuil c'est 30 minutes, après faut retourner au lit et là, rebelote, tu resseres les dents et les fesses et tu avances à pas de tortue gracieuse jusqu'au lit.

Rassurez-vous, ce n'est pas très douloureux, c'est bizarre.  Du moins c'est ce que j'ai ressenti.  Ta jambe est endormie, elle pèse une tonne et quand tu poses le pied sur le sol, c'est une drôle de sensation, un peu de douleur, mais une impression que tout est bloqué.   Après ça, on te fout une paix royale et tu peux de nouveau rejoindre Morphée et son paradis.   Oui, on dort beaucoup et c'est bien et bon.  La preuve, lorsque le chirurgien est passé ce jour-là, il m'a dit que c'était la première fois qu'il me voyait avec une aussi bonne mine alors qu'on se connait depuis des années.  Je vous passe les détails de cicatrice, drains et autres réjouissances.   Tu es toujours sous les merveilleux cocktails vitaminés anti-douleurs et tu planes un peu.  Tu es sensée planer car bizarrement la douleur revient de plus en plus présente.  Après vérification, on se rend compte que la kiné a oublié de déclamper, oui elle aussi, lorsqu'elle m'a mise sur le kinetec.   Oubli vite réparé par l'infirmière et le calme revient niveau douleur.

Le lendemain, j + 2 on recommence, mais en plus intensif et là tu te dis que tu vas encore douillé et en posant le pied sur le sol, tu remarques une petite chose, ça va mieux que la veille.  Normal te répond le kiné, oui c'était un homme cette fois, on était dimanche et il était de garde.   Puisque ça va mieux on va marcher un peu plus.  Et te voilà en route pour de nouvelles aventures, les 1 mètre cinquante deviennent 10 mètres.  Du lit à la porte de la chambre.   Oui j'ai une grande chambre.  Elle fait le coin du bâtiment et d'ailleurs le kiné à prévu de venir y installer un bar prochainement.   Si l'aller se passe bien, le retour est plus difficile, mais faisable et le fauteuil est très accueillant.   Journée à nouveau calme niveau entraînement et repos bien mérité.   Comme on dit toujours jamais deux sans trois, à un moment donné en bougeant le bras, je sens que c'est humide en-dessous.  Un petit coup de sonnette et l'infirmière remarque que celle qui est venue remplacer ma perfusion de paracetamol, rassurez-vous, elle a déclampé elle,  a juste oublié de vérifier les connections et elles étaient pas assez serrées, donc la perfusion passait sur le matelas et pas dans ma petite veine si dûrement trouvée.  A se demander comment je n'avais pas mal.   En tout cas mon matelas a du passer une très bonne journée, calme et reposante, pour le peu que cela a duré car quelques heures après, on venait tout enlever et je passais au Dafalgan forte.  

J+3.  Ta kiné officielle arrive et te dit qu'on va marcher un peu.  Oui on marche beaucoup et c'est très bien.   Un petit tour dans le couloir et c'est là que tu te rends compte que 25 mètres c'est looooooooooooong.   C'est long, c'est dur, la jambe flanche un peu, la tête tourne et le palpitant est pire que si tu venais d'escalader le mont Everest.   Mais, surprise, tu sais rester au fauteuil toute la journée, tu arrives à te déplacer seule dans la chambre avec l'aide de ton cadre et surtout tu peux aller à la toilette et ne plus utiliser la panne.  Ma grande hantise concernant cette opération.

Aujourd'hui j +4.  Réveil douloureux, certains endroits encore endormis ont décidé de se réveiller, les cons.   Donc fauteuil depuis 5 h du matin, moins douloureux qu'au lit.  Pour moi en tout cas.

Aujourd'hui, visite de l'ergothérapeute et grand tour dans le couloir, mais cette fois plus de cadre, mais des béquilles.   On fait un mètre, elle te demande de tourner et toi, malgré la grande chambre que tu te payes, tu te prends le lit de plein fouet et manque de voler la tête la première en avant.  Pas de douleur suite au choc, génial.   Une fois que tu as attrapé le tour, c'est facile.  En théorie oui, mais vu l'état du genou avant opération les muscles sont un peu vacillants et de temps en temps la jambe part sur le côté.  C'est là que tu poses la question idiote du jour : c'est la prothèse qui bouge?  Bein non, elle est bien fixée.   J'ai posé quelques questions idiotes style, en pliant le genou les agraffes vont pas sauter?   Une fois le petit tour fait, quelques petits exercices de renforcement musculaire.  Facile et pas facile car quand tu as un genou opéré et un autre qui attend son tour et qui est aussi fichu que l'était le premier, tu sais pas tout faire.  Mais bon, cela s'est bien passé et j'en ai profité une fois que tout a été terminé pour vous écrire ce grand pavé.  Demain paraît que je passe à la montée et la descente des escaliers.   On va se marrer.  

Encore merci pour vos encouragements.